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Du vécu

Faire une retraite Vipassana

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anna médite

J’ai eu la chance de découvrir, il y a deux ans qu’un centre de retraite Vipassana s’était installé dans les locaux d’un lycée agricole au coeur de la campagne lot et garonnaise à quelques dizaines de kilomètres d’Agen. Je ne connaissais pas la méditation Vipassana mais mon intuition me dictait de m’y inscrire et c’est ce que j’ai fait et je ne la remercierai jamais assez. Je vais donc vous raconter ce que j’ai vécu durant mes dix jours de retraite Vipassana.

Le programme des réjouissances

Levé à 4 heures du matin par un gong, je tombe du lit, les bras en aveugle pour ne pas me cogner contre le meuble de la petite chambre d’étudiant( nous sommes hébergés dans les dortoirs d’un lycée agricole en plein milieu de la campagne tonneinquaise dans le 47). Je fais attention de ne pas croiser le regard de mon colocataire ( nous n’aurons pas le droit d’échanger de paroles, ni de regards pendant 10 jours pour rester concentré sur notre univers intérieur). Vite la douche en finissant par un flot glacé pour se réveiller (le jet glacé c’est moi qui l’ai voulu, nos douches sont chaudes à souhait). 4h30, nous sommes assis sur nos coussins de méditation, concentrés sur l’air qui passe par nos narines, l’air qui entre, l’air qui sort… je suis assailli d’idées, de pensées, d’images mais je reviens à chaque fois à la sensation de l’air qui entre et qui sort de mes narines. parfois un court instant de répit et une étrange paix prend possession de moi pour être aussitôt parasitée par une nouvelle idée ou image, parfois je m’aperçois au bout de je ne sais combien de temps que je me suis assoupi, alors je reprends inlassablement l’observation de ma respiration. Pas besoin d’être Einstein pour méditer. Puis au bout d’une demi-heure viennent les premières courbatures, premières tensions musculaires, elles sont vicieuses, elles se promènent dans tout le corps, je ne sais jamais où elles vont apparaître. Au bout d’une heure, c’est la torture, une douleur lancinante entre les omoplates m’oblige à bouger un peu et une autre dans le genou gauche n’arrête pas de me harceler. Finalement, je quitte un peu la posture et allonge mes jambes, remue mes épaules puis je reprends la posture. Le plus difficile est de trouver cette voie du milieu que Bouddha préconisait. Il faut trouver le juste effort, celui qui nous fait progresser avec courage et détermination mais sans nous blesser, ni nous dégoûter. Enfin, le gong sonne 6 heures et la fin de ma méditation. C’est un immense soulagement et la joie d’avoir tenu jusque là. Nous marchons un peu dans la cours de récréation. Il fait bon, l’air sent bon et le soleil levant de Juillet et splendide. Nous sommes une cinquantaine de garçons de 18 à 80 ans à déambuler ainsi ( les filles sont séparées de nous à l’opposé du bâtiment), certains restent concentrés, d’autres marchent vite, d’autres sont étendus au sol les bras en croix. Il y en a qui ont le visage tendu, d’autres sourient intérieurement, certains semblent chercher le regard des autres, le silence règne en maître.

Petit déjeuner végétarien

7h nous déjeunons en silence les yeux perdus dans nos pensées ou collés à notre banane, nos céréales, notre café ou notre thé. Les bénévoles qui nous servent sont des servants qui donnent 10 jours de leur temps pour nous offrir la joie de découvrir la méditation Vipassana comme ils ont eu eux aussi la chance de le vivre.

La magie du bénévolat.

Les retraites Vipassana sont organisées par des bénévoles qui doivent avoir suivi une retraite de 10 jours. Ce sont nos dons en fin de retraite ( c’est nous qui déterminons l’argent que nous pouvons offrir) qui permettrons à d’autres personnes de vivre cette opportunité d’éveil.

Il faut bien reprendre…

Nous voilà repartis pour méditer de 8h à 11h, soit dans la salle commune, soit dans nos chambres… Je préfère, et c’est le cas de la plupart d’entre nous, méditer avec le groupe, je me sens porté par cette énergie collective et je sais que comme moi mes amis méditants luttent pour ne pas lâcher l’effort. Car rester concentré ainsi sur cette zone minuscule que forme l’entrée des narines est une prouesse de chaque instant. Puis nous déjeunerons à 11h d’un repas végétarien en essayant de ne pas trop remplir nos estomacs afin d’éviter la somnolence pendant la pratique.

la suite est pour bientôt

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